La Déclaration

traduit de l’anglais (G.-B.) par Nathalie Peronny

 

« Mon nom est Anna. Mon nom est Anna et je ne devrais pas être là. Et pourtant, j’existe ».

 

Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hall, un pensionnat pour les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde. Anna n’a plus de parents désormais.

 

Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi se sent-elle soudain si troublée ? À travers l’histoire d’Anna, un roman bouleversant sur la vitalité de l’adolescence.

Ce n’est pas ma faute si je suis là. Je n’ai jamais demandé à naître. Même si ça n’excuse pas le fait que je sois née. Mais on m’a retrouvée très vite, ce qui est « de bon augure ». En tout cas d’après Mrs Pincent. Elle, c’est la Directrice de Grange Hall. On l’appelle « Madame l’Intendante ». Quant à Grange Hall, c’est l’endroit où je vis. C’est là qu’on apprend aux gens comme moi à se rendre Utiles – ou « comment tirer le meilleur parti du pire », pour reprendre la phrase de Mrs Pincent.
Je n’ai pas d’autre nom. Pas comme Mrs Pincent. Son nom entier est Margaret Pincent. Certains l’appellent « Margaret », d’autres – la majorité –, « Mrs Pincent » ; nous, on dit seulement « Madame l’Intendante ». Depuis quelque temps, je me suis mise à l’appeler « Mrs Pincent », moi aussi, mais jamais en face – je ne suis pas folle.

Les Légaux ont tous deux noms. Parfois plus. Moi, non. Je suis juste
Anna. Les gens comme moi n’ont pas besoin d’avoir deux noms, d’après Mrs Pincent. Un seul suffit. Elle n’aime pas le nom « Anna », d’ailleurs ; elle m’a même expliqué qu’elle avait essayé de m’en faire changer quand je suis arrivée ici. Mais j’étais une enfant bornée, comme elle dit...