Magie Industrielle

Un spectateur de blockbusters (ou est-ce plusieurs) traversé par la puissance des effets spéciaux raconte ses déplacements aériens, ses enlisements brusques, sa vision nocturne, son souffle de glace, sa traversée des murs, ses métamorphoses…

Tout un onirisme fantastique, divisé en micro-séquences, entre pulsions primitives, paniques enfantines et désirs souterrains.

Un texte de fiction ciselé qui fait le lien entre la poésie d’Ovide, sa puissance de déplacement et de réinvention du monde, et les nouveaux pouvoirs métamorphiques du cinéma digital.

"La nuit j’explose les blocs. Je fends la mer gelée en moi. Je perce les coffres. Je perce les murs. J’ai des drilles au bout des bras. Je suis la hache et le marteau. Je suis la plaie et le couteau. Je souffle le chaud et le froid. Je prends appui sur l’air plissé comme sur un trampoline. Je m’élance. Je troue l’espace. Je ne tiens plus en place. Je traverse toutes les villes. Toutes les acropoles. On se lasse hélas plus vite des villes que des personnes. À la fin je rebondis sur des dunes dans le désert."