Louanges et épuisement d’Un jour sans fin

« Louange et épuisement d’Un jour sans fin est un titre et aussi, bien sûr, un programme : faire l’éloge d’un “petit” film vu et revu dans une jubilation intacte depuis l’adolescence ET tenter d’épuiser le sujet, détournant à des fins comiques la prétention à l’exhaustivité. Dire tout ce qu’il y a à dire autour d’un film mais avant tout, dire le film : se l’approprier par l’écriture […]. » Didier da Silva

 

Didier da Silva, dont le style marquant manie l’humour, les digressions et les références, se régale des variations qu’il compose, saisissant d’un même mouvement le film lui-même mais aussi le plaisir indescriptible de voir et revoir cet objet que l’on apprécie d’autant plus qu’on en connaît les détails, les répétitions et le dénouement.

 

 

"J’ai vu " Un jour sans fin" au bas mot une vingtaine de fois mais je ne me souviens pas de la toute première, c’est comme si je l’avais toujours connu. Sans même parler du spoil contenu dans le titre français, son affiche (Murray captif d’un réveil à cloches et affectant un peu crédible air étonné) ou les bruissements du bouche-à-oreille auront inévitablement éventé le secret de son intrigue, de sorte qu’un spectateur qui partagerait l’ahurissement et la perplexité de Phil, à la dix-huitième minute du film, est une chimère, une chimère à laquelle pourtant le script est obligé de croire, et le plaisir que nous prenons à voir Phil Connors ne pas comprendre ce qui lui arrive n’est aussi intense que parce que nous en savons tellement plus que lui, et depuis si longtemps."